Petit topo sur la réunion du 15 mars 2017, animée par Hélène Ryckmans, qui s’est tenue à la régionale

Le mercredi 15 mars, une vingtaine de membres et sympathisantes du Bw s’est retrouvée pour parler de leur (futur) engagement politique. Petit tour des freins qui nous retiennent et des ressources dont nous disposons pour franchir le pas en attendant la journée de l’élue et de la militante le 23 avril à Namur. Alors, si vous aussi vous avez envie de vous lancer mais vous posez plein de questions, cet article est pour vous.

S’engager en politique quand on est une femme, ce n’est pas un long fleuve tranquille. Avant de franchir le pas (ou de le poursuivre), combien ne sommes-nous pas à nous demander comment nous allons pouvoir concilier vie professionnelle, familiale, engagement dans des assoc’ etc, avec un engagement politique qui implique de nombreuses réunions (souvent, pour ne pas dire toujours, en soirée, la consultation de dossiers, le travail de terrain, etc. etc.). Comment gérer un agenda overbooké, ne pas s’épuiser, ne pas être totalement submergée, voire vampirisée ? Les mots utilisés sont très forts et témoignent d’une réelle crainte.

Choisir d’afficher sa couleur politique, dans un monde où la politique est justement jugée comme suspecte, peut en freiner certaines (et certains!). Les mouvements citoyens dans lesquels nombre d’entre nous sont impliquées, nous considèrent alors comme des infiltrées. Au niveau professionnel aussi cela peut être une difficulté.

Le monde politique n’est pas un monde de bisounours. C’est un univers longtemps dominé par les hommes, dans lequel l’esprit guerrier est encore de mise mais où nous devons aussi prendre notre place. Nous avons évoqué le fait de s’engager par idéal et non par soif de pouvoir, le fait que certaines discussions entre mandataires masculins tournent rapidement en combats de coqs, les attaques, l’agressivité, les bourgmestres mégalos, les egos surdimensionnés, les petits arrangements entre amis, les magouilles et cie… ok, je noircis un peu le tableau, mais cela fait aussi partie de la réalité.

Pas de panique, nous avons pour nous la force de notre conviction : nous sommes convaincues de la pertinence des idées que nous défendons et de la façon dont on doit faire de la politique (c’est à dire dans l’intérêt de tous). Donc, oui, il faut parfois prendre son courage à deux mains, mais le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ? Même si notre action ne fait qu’un tout petit peu bouger les choses (ne fût-ce qu’en soulevant les bonnes questions), nous n’aurons perdu ni notre temps, ni notre énergie pour rien.

Autre grande crainte, cette impression souvent bien ancrée que nous n’avons pas les compétences, l’expérience et finalement, même si cela n’a pas été évoqué en réunion, la légitimité de participer à la chose publique. Évoluer dans un milieu qu’on ne connaît pas spécialement (et qui a ses codes, ses us et coutumes), découvrir la réalité communale et les thématiques qui s’y rapportent ne se fait pas du jour au lendemain. Laissons-nous du temps, activons nos réseaux, faisons appel à l’équipe, aux personnes ressources, au parti, à l’administration communale…  La prise de parole en public inquiète certaines d’entre nous.  S’exprimer sur des matières parfois très techniques que l’on estime, de surcroît,  ne pas maîtriser à fond, peut être une source de stress. La peur d’être (mal) jugée en externe et en interne peut aussi être un frein. La question des compétences est en fait une fausse question. On ne peut pas tout savoir sur tout, il y a des sources d’information et d’inspiration qui peuvent être facilement sollicitées. Bref, n’ayons pas peur de demander de l’aide et ne mettons pas la barre trop haut ! D’ailleurs, il apparaît assez rapidement  que les « autres » ne connaissent pas tout…loin s’en faut ! Soyons indulgentes avec nous-mêmes.

Evidemment, nous avons toutes nos personnalités, nos atouts, nos défauts (ndlr : je choisis de ne pas faire ici l’énumération exhaustive de nos nombreuses qualités : ce PV serait bien trop long!). Certaines, plus timides ou moins audacieuses,  préfèrent être dans l’écoute et évitent le porte-à-porte. D’autres ont besoin d’actions concrètes plutôt que d’interminables discussions.  Certaines la joueront « diplomatiques », d’autres au contraire ouvriront largement les valves et certaines, enfin, oscilleront entre les deux en fonction des circonstances. Pas toujours facile de trouver la bonne formule, d’avoir le sens de la répartie, mais une petite touche d’humour et d’auto-dérision peut aider à faire face à certaines attaques menées par nos opposants (ou même partenaires) politiques. Faisons-nous confiance ! Profitons de l’expérience des ancien-ne-s, de celle des autres mandataires, avançons à notre rythme. Nous ne devons pas intervenir sur tout, choisissons nos « batailles » et armons-nous pour les mener (le vocabulaire n’est pas très pacifiste, mais vous aurez compris l’idée générale).

Certaines d’entre nous ont également évoqué la « séduction » qui fait partie de la politique (notamment auprès des électeurs, durant la campagne) ou la difficulté d’apporter une réponse posée à certaines attaques desdits électeurs. Là aussi, c’est à chacune de trouver son style, pas de recette miracle, restons naturelles, faisons ce que nous « sentons » (mais faisons preuve de diplomatie).

Un élément important pour surmonter certaines difficultés inhérentes à l’engagement politique est l’importance du soutien : celui de nos proches, du groupe local, du parti. Que ce soit pour nous donner des infos, nous booster, nous féliciter ou nous remonter le moral, c’est un élément clé qui nous permettra de mieux gérer notre temps et de vous « gonfler à bloc ».

Ndlr : petit « truc » appris au théâtre : avant de vous lancer, répétez-vous que vous êtes la meilleure, ça paraît un peu idiot, mais ça marche !

Il n’y a pas de problèmes : il n’y a que des solutions !

Nous ne disposons pas de baguette magique (ndlr : même si un balai de sorcière,  parfois…) mais nous avons mis sur la table une série de pistes pour répondre aux questions soulevées.

– « Ce n’est pas personnel » : nous défendons des idées, gardez une certaine distance par rapport à l’agressivité et aux attaques des adversaires.

– « Faisons nous aider » : comme dit plus haut, nous ne sommes pas seules, demandons de l’aide (parti, personnes ressources, amis,proches…)

– « Soyons notre meilleure alliée » : ne nous mettons pas une pression insupportable, laissons-nous le temps d’apprendre, choisissons les actions que nous voulons mener, les dossiers que nous voulons suivre…L’engagement politique ne doit pas devenir un fardeau impossible à porter. Nous seules pouvons choisir où nous mettons nos limites pour préserver notre enthousiasme

– « Valorisons nos compétences » : soyons conscientes de nos forces (avant nos faiblesses) et en fonction de ça, trouvons comment valoriser nos compétences au sein des différents engagements  possibles

L’aventure vous tente ? Vous avez envie de vous lancer ? Vous êtes déjà engagée et êtes preneuse d’infos, de trucs et astuces ?

Vous pouvez dès à présent vous inscrire à la journée de l’élue et de la militante qui se déroulera le 23 avril à Namur.

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