Hier, nous apprenions que la majorité au gouvernement wallon PS-CDH était en discussion avec le MR pour supprimer le décret anti-cumul initié et porté par Ecolo lors de la législature 2009-2014. Si c’est confirmé, il n’aura pas fallu longtemps aux partis traditionnels pour défaire cette nouvelle règle, qu’ils avaient pourtant votée. En Brabant wallon, 5 des 8 députés siégeant au Parlement wallon cumulent leur mandat de député avec un mandat de Bourgmestre ou échevin : 3 MR, 1 PS et 1 CDH.

Le texte étant encore en période transitoire, deux d’entre eux ont pu se déclarer « empêchés » et conserver leur mandat. En 2018, ils auraient dû faire un vrai choix : région ou commune. Avec la suppression du décret en discussion entre MR, CDH et PS, le cumul sera de nouveau de mise.

Pour Ecolo, le cumul d’un mandat électif (député par exemple) avec une fonction exécutive  à un autre niveau (par exemple bourgmestre, échevin, pdt de CPAS) est à proscrire. Les règles internes du parti l’interdisent d’ailleurs depuis l’origine. Pour quelles raisons ?

D’abord, pour éviter les conflits d’intérêts : peut-on raisonnablement décider de la répartition des budgets entre les communes, quand chacun prêche pour sa chapelle ? Pour certains, la confusion des rôles est déjà bien ancrée : selon l’Avenir d’aujourd’hui, 1/5e du rapport d’activité d’André Antoine, réalisé en tant que député wallon, traite de son travail au sein de la commune de Perwez. Ou comment faire sa campagne communale sur son temps de travail régional… Ensuite, parce que le mandat de député ou de bourgmestre occupe un temps-plein. Nécessairement, un des deux mandat sera délaissé au profit de l’autre. Enfin, pour éviter la concentration des pouvoirs et inciter au renouvellement des personnalités politiques. En 2014, ce décret avait d’ailleurs déjà permis un renouvellement exceptionnel du Parlement wallon.

Le décret « décumul » porté par Ecolo en 2010, qui n’allait pas aussi loin qu’Ecolo l’aurait souhaité, était déjà une grande victoire : la règle devenait le non-cumul, sauf dans certains cas précis. Ce décret, bien qu’imparfait, avait le mérite de faire évoluer la culture politique vers plus de démocratie, de transparence, d’accessibilité. L’obsession du pouvoir des partis traditionnels en aura peut-être raison. Il n’est pas trop tard : la pression médiatique et citoyenne pourrait leur faire faire marche arrière.

Si l’absence de volonté des autres formations politiques pour attaquer le cumul se confirme, il faudra, au minimum, envisager des alternatives ayant un impact plus indirect sur ce problème, en stimulant la démocratie participative et le renouvellement. A nouveau, les pressions citoyennes, médiatiques et politiques devront être fortes, au risque de retomber dans les petits arrangements habituels. Dès lors, Ecolo Brabant wallon en appelle à la responsabilité des députés brabançons.

Pour la régionale Ecolo du Brabant wallon,
Véronique de Brouwer
Siska Gaeremyn
Youri Caels
Sécrétaires régionaux

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