A un an des élections communales de 2012, nous avons demandé à Audrey Martin, échevine à Grez-Doiceau, comment elle vit son mandat. Cette mère de famille passionnée par la cause écologiste a gardé la tête sur les épaules pour gérer sa commune dans l’intérêt des citoyens. Espoirs, désillusions, grandes victoires, tous les éléments sont là pour nous tenir en Haleine…

Bonjour Audrey, tu es échevine de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’environnement, de l’énergie et de l’économie à Grez-Doiceau. Beaucoup de compétences donc…

Audrey : Effectivement, j’ai repris le mandat de Roland Vanseveren qui a quitté la commune en 2010. Arriver là sans expérience politique, c’était un vrai défi et c’est beaucoup de boulot. Il a fallu un peu de temps pour prendre mes marques mais c’est parti maintenant.

Quelles étaient tes objectifs en arrivant ?

A : Déjà, il fallait poursuivre tout ce que Roland avait déjà mis en œuvre. J’avais aussi la volonté d’avancer dans un domaine qui m’est familier : la réduction des déchets. C’est ainsi que nous travaillons beaucoup sur le lancement de la Ressourcerie de la Dyle, nous avons instauré une prime aux langes lavables et alloué un budget spécifique à la réduction des déchets en 2011. La commune devrait d’ailleurs participer activement à la semaine européenne de la réduction des déchets fin novembre.

Au chapitre des réalisations marquantes, que voudrais-tu citer ?

A : Elles sont nombreuses ! Outre les avancées en matière de déchets, la relance du plan communal de développement de la nature (PCDN) avec la participation des citoyens mérite d’être citée. Je m’attache particulièrement à diversifier les acteurs qui s’impliquent dans les projets du PCDN, en motivant les jeunes, par exemple. Par ailleurs, la commune a créé un guichet énergie ainsi que des primes communales à l’énergie pour les citoyens et entreprises, 50 logements sociaux et moyens sont planifiés dans le cadre du plan d’ancrage, et le réseau de pistes cyclable s’agrandit… à Et à côté de cela, on note plein de petites victoires et beaucoup de choses qui sont en cours, parfois moins visibles politiquement, comme l’informatisation de la cartographie au service l’urbanisme, dont on parlait depuis 15 ans!

Quelle a été la mauvaise surprise de la législature ?

A : Pour moi c’est le temps que prennent les choses. Entre l’envie de faire aboutir un dossier, la conclusion d’un accord politique sur celui-ci et sa mise en œuvre par l’administration, il peut y avoir des mois, voir des années qui passent… C’est frustrant de ne pas savoir si on sera là pour voir aboutir un dossier. En attendant, la population n’a souvent pas conscience de l’accord politique qu’on a porté et des efforts fournis… L’autre côté négatif, c’est la mesquinerie dans le travail politique. Il y a encore pour certain une vision électoraliste de la gestion d’une commune.

A : Et quelle a été la bonne surprise de la mandature ?

La bonne surprise c’est le lancement du Plan communal de développement rural (PCDR). Il n’est pas spécialement piloté par moi mais c’est un volet-clé de la politique communale pour Ecolo. Il a un impact sur le développement de la commune sur le long terme. C’est assez agréable de voir que d’autres partis politiques se sentent concernés par ce genre de dossier. Par contre, je reste persuadée qu’il faut des Ecolos autour de la table pour ces matières. Les autres se limitent souvent à un vernis de façade vert pâle qui s’écaille facilement. A ma demande, ils acceptent progressivement d’intégrer de petits éléments d’écologie politique dans certains dossiers (par exemple pour limiter l’imperméabilisation des sols dans le cadre des permis d’urbanisme), mais pour les gros dossiers, c’est une autre histoire.

Tu es satisfaite de cette expérience ?

A : Oui. Le bilan de la majorité et d’Ecolo est bon. On est en train d’évaluer le pacte de majorité en locale. Il me reste du travail au niveau de la solidarité et de la participation citoyenne, ainsi que sur le volet économique, mais il reste plus d’un an pour avancer. On est d’ailleurs en train prévoir le lancement d’une agence de développement local.

Un petit mot pour conclure ?

Oui, j’aimerais dire à tous ceux qui veulent se lancer dans la politique locale que face à la difficulté du travail politique, il y a un élément super positif pour rééquilibrer. Dans ce job, on a de très nombreux contacts avec une diversité d’acteurs locaux. Ils sont souvent constructifs et positifs, surtout si on se positionne avec transparence et honnêteté. Dans les périodes creuses, ce sont vraiment des moments qui permettent de se ressourcer et de recharger les batteries.

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