En octobre, nous avions déjà abordé les soubresauts de la politique wallonne de développement territorial en Brabant wallon, au travers notamment de la création de la Société de développement de l’Est et du « Plan prioritaire bis ». Le 7 novembre, ces thèmes ont fait l’objet d’une conférence de presse, tenue dans les locaux de la régionale. Lors de celle-ci, le SR – avec l’aide de Marcel Cheron et de Thierry Meunier – a souhaité épingler les « nouveaux outils de développement en BW » mis en œuvre par le Gouvernement wallon : la SDE, INEX et les zones d’activités économiques (ZAE).

Conference_de_presse_Ecolo_07-11-08_-_220x180.jpgIl y a quelques mois, la création de la Société de Développement de l’Est (SDE) était annoncée à la presse par le Ministre Antoine. Celle-ci, selon lui, allait permettre le développement de l’Est du Brabant wallon. Lors de sa récente mise en place, la SDE a discrètement changé de nom et fait place à un montage qui voit la création de la SOFINEST et de la SOFINPRO, l’implication de NIVELINVEST,de la SARSI et de la SOWALFIN. A côté de la complexité du schéma des implications et filiations de ces structures entre elles, même l’organigramme de Fortis semble épuré !

Fondée sur une décision invoquant une urgence non motivée, une structure complexe, un montage financier douteux, la SOFINEST/SOFINPRO est un exemple de ce qu’il ne faut pas faire en matière de gouvernance. En effet, il n’y a aucune nécessité de particulariser le champ d’intervention d’une institution publique à l’Est du Brabant wallon ou dans la création d’une structure dont les objectifs sont déjà rencontrés par NIVELINVEST et l’IBW.

Autre dossier éclairant : Sous l’impulsion du Gouvernement wallon, l’ASBL Structure Locale de Coordination « Innovation et Excellence en Brabant wallon » – en abrégé « SLC INEX BW » – a été créée le 25 avril 2007. Cette nouvelle asbl est dotée d’un subside de la Région wallonne s’élevant à 1 640 000 euros sur 6 ans. Malheureusement, depuis sa création, aucune action concrète n’a été mise en œuvre dans le cadre de l’INEX. Il apparaît que si certains des opérateurs associés ont utilisé le sigle INEX pour l’une ou l’autre de leurs activités de formation, l’ASBL semble bien inactive.

Finalement, on a l’impression que chacun des opérateurs constituant INEX s’est partagé le gâteau (et la manne financière qui l’accompagne) pour se stabiliser dans ses tâches régulières.

Enfin, le « Plan prioritaire bis » du Gouvernement wallon planifie la création de zones d’activités économiques (ZAE), autrement dit : de zonings. Dépassant toutes les prévisions de croissance économique, les décisions du Gouvernement wallon sont prises en dépit du bon sens et des recommandations des experts. Nous voilà en plein dans une actualisation du mythe d’Attila : là où il passe, l’herbe ne repousse jamais. Elle est remplacée par des ZAE. En effet, si les recours portés devant le Conseil d’Etat sont rejetés, nous verrons fleurir près de 422 Ha de zones d’activités économiques sur le sol du Brabant wallon. Pour l’Est du Brabant wallon, 210 Ha sont sur la table, là où les besoins estimés par la Conférence Permanente du Développement territorial étaient de 35 Ha !

Ainsi donc, tout se passe comme si les partis au Gouvernement wallon, frustrés de se trouver dans l’opposition au niveau provincial, tentaient de reprendre la main sur les affaires du Brabant wallon depuis Namur. Dès lors, ils s’évertuent à créer des structures sans efficacité prouvée, sans processus d’évaluation et qui coûtent au citoyen. Ces « machins » participent à la complexification du paysage institutionnel, allant à l’encontre des objectifs de simplification administrative que le Gouvernement wallon s’est lui-même fixés.

En réponse à notre communication, André Antoine a lui-même convoqué la presse. Dans un véritable document fourre-tout, il fait l’inventaire de ses réalisations en tant que Ministre (dont certaines doivent d’ailleurs être attribuées à son prédécesseur, José Daras…) et critique la position prise par Ecolo. Ainsi, pour justifier la création de SOFINEST et consort, ainsi que la création de plus de 200 Ha de ZAE dans l’Est du BW, l’argument soulevé et jamais évoqué auparavant est celui de la forte croissance démographique de cette région, nécessitant des besoins nouveaux. Rien n’est à redire sur les manques constatés, mais ils ne justifient pas une approche différente qu’ailleurs en Brabant wallon !
Ce qui frappe surtout, c’est la manière qu’a le Ministre d’instrumentaliser les informations en fonction de ce qui l’intéresse. C’est par exemple le cas du découpage du BW entre l’Ouest, le Centre et l’Est, différent de celui de l’IBW et de la CPDT. Ainsi, Grez-Doiceau et Chaumont-Gistoux se retrouvent dans le centre, alors que Mont-St-Guibert et Chastre – dont les chiffres démographiques sont intéressants pour lui – passent à l’Est. Notons également que Perwez est située dans le centre dans le cadre du Plan prioritaire bis !

De ces quelques initiatives, il ressort clairement qu’il s’agit avant tout pour André Antoine d’une manière de gérer la province depuis Namur, et surtout de favoriser de façon outrancière sa sous-région. Le plus grave étant que tout ceci puisse se faire sans que l’on s’inquiète du prix à payer par les citoyens et de la complexification administrative qui en découle pour les entrepreneurs qui souhaiteraient bénéficier de l’aide publique.

Pour Ecolo, le développement et l’animation économique nécessitent l’application de critères objectifs et, surtout, de la lisibilité pour le citoyen. Les décisions doivent être prises hors de toute vision localiste, en fonction des besoins et sans multiplier les outils. Ces conditions seules permettent d’utiliser l’argent public de manière juste et efficace.

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