Le 11 mai, journée mondiale des espèces menacées, l’attention se porte principalement sur quelques espèces emblématiques comme l’ours polaire. Pourtant, En Brabant wallon aussi la biodiversité est sous pression. Certains animaux ont déjà disparus de nos contrées. Pour Ecolo BW, des actions sont nécessaires pour que la liste ne s’allonge pas.

La biodiversité en Belgique subit une grande pression. Les principales raisons sont à chercher en priorité dans la destruction et la fragmentation des habitats naturels, ainsi que la pollution causée par des pratiques industrielles et agricoles inadéquates. En Brabant wallon, singulièrement, les espèces sont confrontées à la disparition de leur habitat.

L’énorme pression agricole et urbanistique exercée sur le territoire du Brabant wallon a un impact considérable sur la biodiversité. Certaines espèces ont d’ores et déjà disparu, ou presque, de nos contrées (triton à crête, grand hamster…). D’autres sont menacées. En particulier, ce sont les plaines agricoles de Hesbaye qui paient le plus lourd tribut : de nombreuses espèces d’oiseaux des champs sont victimes de la disparition de leurs abris naturels et du système de monoculture intensif (pesticides, diminution des friches, perte des nichées à cause des récoltes plus précoces, manque de nourriture l’hiver, etc.). Le bruand Proyer, par exemple, est en sévère déclin en Hesbaye : une chute de population de près de 90 % entre 1990 et 2009 ! D’autres oiseaux d’espaces agricoles suivent le même chemin : la perdrix grise, l’alouette des champs, le bruant jaune, notamment.

Sans être menacées à court terme, d’autres espèces subissent les mêmes défis : oiseaux, papillons, abeilles et batraciens sont victimes de la disparition de leur habitat. Des actions concrètes sont nécessaires, comme la protection des habitats existants et l’aménagement de zones spécifiques pour la biodiversité. Ces politiques « conservatoires » sont à développer, tout en mettant sur pied des politiques dynamiques : replantation généralisée des haies, modification des pratiques agricoles, création de « maillages » (réseaux écologiques) verts et bleus, promotion et protection des espèces végétales indigènes sauvages par les pouvoirs publics, verdissement des cimetières et fleurissement des espaces communs, etc.

Des ensembles de mesures de ce type ont déjà montré leur efficacité. L’interdiction de certains produits phyto, la protection des sites de nidification et la sensibilisation ont ainsi aidé à refleurir les bords de champs ou à améliorer le sort des chauve-souris, dont les colonies se repeuplent petit à petit.

« L’enjeu est important, et certains ne s’en rendent pas compte, précise Hélène Ryckmans députée régionale en charge de ces matières. Lorsque le MR propose de réinstaurer la chasse des oiseaux au filet, ou quand le ministre Collin suggère de mettre le blaireau, le castor, le héron, le cormoran, la corneille ou la pie sur la liste des espèces chassables pour de fausses raisons. Les communes du BW doivent impérativement en prendre conscience et agir. La protection de la biodiversité du BW progresse mais elle doit faire l’objet d’un programme coordonné entre les communes, les associations de protection de l’environnement, mêlant sensibilisation et actions, à destination des citoyens, des agriculteurs et des pouvoirs publics. Pour que nos enfants et petits-enfants puissent aussi avoir la chance de se réveiller au chant des oiseaux et de s’émerveiller de la nature, gratuite et accessible à chacun ».

Hélène Ryckmas
Députée régionale

Véronique de Brouwer, Siska Gaeremyn et Youri Caels
Coprésidents régionaux

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