Ecolo Brabant wallon organisait le 19 janvier la projection en avant-première du film de Mathias Gokalp : « Rien de personnel » au Cinécentre de Rixensart. Ce film illustre le parcours des employés d’une société, testés à leur insu en vue d’une restructuration. Entre théâtre et réalité, il dévoile les pratiques mensongères d’un rachat d’entreprise « non annoncé ». Au coeur du processus bien élaboré : la tromperie, l’humiliation, la manipulation et la maltraitance du personnel d’entreprise.

La projection était suivie par un échange-débat avec des intervenants confrontés quotidiennement aux problématiques soulevées par le film : Anne-Françoise Gailly (Consultante en RH, coach et formatrice), Gilbert Demez (Professeur de droit social à l’UCL), Jean-Pierre Hermant (Président de la CCIBW) et Robert Verteneuil (FGTB).

Le film illustre le côté individuel du contexte de mondialisation, de libéralisation et de dérégulation qui a marqué ces dernières années. On le sait, cette évolution a comme résultat une concurrence exacerbée des territoires et des travailleurs entraînant des restructurations en cascade dans les entreprises. Le contexte économique actuel, aggravé par la crise que nous vivons, favorise donc le développement de facteurs tels que l’augmentation des contrats de travail à temps partiel, l’intérim, la sous-traitance… tout ceci causant une montée de la précarité en matière d’emploi.

Cette précarité a des conséquences sur tous les aspects de l’existence: il est difficile pour les travailleurs d’envisager avec confiance un projet de vie, la fondation d’une famille ou l’achat d’un logement lorsque leurs perspectives professionnelles, donc financières, sont incertaines. En outre, les données prouvent, sans aucun doute possible, que le processus de restructuration peut avoir un effet préjudiciable important sur la santé des salariés concernés, y compris de ceux que l’on peut appeler les « rescapés » (ceux qui restent dans l’entreprise après la restructuration).

Et la question du sens du travail se pose également. Dans une interview, le réalisateur du film, Mathias Gokalp, estime qu’« il ne faut pas confondre le travail qu’on fait pour gagner sa vie, et celui qu’on fait par plaisir, pour laisser une trace de son existence. Ca devrait être une seule et même chose, mais en Occident, pas seulement en France, les gens ont rarement le choix ». En effet, les travailleurs sont réduits à l’état de pions, sont mis sous pression pour travailler toujours plus, dans un esprit de concurrence et de consommation poussée à l’excès.

Les intérêts des uns et des autres : patronat, syndicats, travailleurs individuels, sont parfois divergents et même contradictoires. Le rôle du politique est justement de mettre ces différents acteurs en lien afin de rejoindre leurs intérêts, de dépasser les contradictions, pour mieux avancer et viser l’intérêt général. La mise en place de mesures efficaces pour faire face aux défis imposés par les restructurations passe par une concertation entre les acteurs, par un dialogue social constructif, permanent et solide.

Sous des aspects parfois anodins, les restructurations sont sources de problèmes individuels et collectifs importants pour tous les salariés d’une entreprise. C’est pour cette raison qu’Ecolo Brabant wallon souhaite aller à la rencontre des partenaires sociaux du Brabant wallon, afin d’impliquer les différents acteurs sociaux dans la recherche de solutions pragmatiques et réalistes, pour dépasser les paradoxes et les contraires et arriver à ce que chacun sorte gagnant.

Claire Hugon, secrétaire régionale

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