Trois jours avec beaucoup de vent, un peu de pluie, beaucoup de boue, mais aussi de grands horizons, un accueil chaleureux, des échanges très riches et joyeux entre locales et avec les Groen! du Brabant flamand. La traversée Ecolo du Brabant wallon 2008, trois jours de Jodoigne à Braine-le-Château, avec un groupe varié de 8 à 12 marcheurs, est d’une bonne cuvée !

P1010852_petit.jpgLe premier soir à Jodoigne, nous étions accueillis à un souper « moambe » par le groupe des sans papiers et leur indéfectible comité de soutien. Ce fut l’occasion de connaître un peu mieux leur histoire, leur situation actuelle et les difficultés qu’ils vivent au quotidien. Un quotidien marqué par la frustration de ne pas pouvoir accéder à un emploi, ni à une formation professionnelle, et marqué par la crainte de ne pas satisfaire à ces fameux critères d’intégration qui sont encore bien vagues et laissent la place à l’arbitraire de l’Office des étrangers.
Merci à Marianne Saenen pour l’hospitalité de cette première nuit.

Le premier jour de marche nous a menés de Jodoigne à Grez en passant par les magnifiques villages de Gobertange, de Tourinne-la-Grosse et de Nodebais, riches de leurs belles pierres blanches et de leur patrimoine artistique contemporain. Là, on est vraiment dans le Brabant agricole, où manquent un peu les haies et les couloirs écologiques, mais où subsistent heureusement de belles zones boisées et surtout les fermes « navires » célébrées par Julos.

Rejoints en début d’après-midi par Johan Hamels, président des Groen! du Brabant flamand, nous fûmes accueillis à Grez par l’échevin « himself », Roland Vanseveren, et par notre député provincial Alain Trussart, qui ont pu expliquer à nos amis Groen! les délices et contraintes du travail dans la majorité.
Merci à Françoise Darmstaedter pour le waterzooi et les bons lits offerts aux marcheurs.

Le deuxième jour commençait par la visite aux associations (Bioforum, le CRABE, Natagora,…) qui organisaient à Nethen des animations dans le cadre de la « semaine sans pesticides ». Le potager collectif « Graines de vie » a bien démarré et de nombreux bénévoles étaient présents dès l’aube pour diffuser des bons conseils de jardinage, de maraîchage, de conservation de la nature, etc.

C’est réjouissant de voir l’enthousiasme de ceux qui développent des solutions très concrètes et conviviales pour retisser des liens harmonieux avec la terre, preuve que c’est à la portée de tous !

Ensuite nous avons marché vers Wavre, en passant par Doiceau et Dion-le-Val ; la traversée de Wavre nous a fait ressentir la pression urbanistique intense : plus beaucoup de place entre les « rings » et la ville, entre la ville et le zoning Nord qui développe encore son emprise. Puis nous sommes arrivés à Genval via d’innombrables sentiers qui serpentent entre les villas, et un habitat plus ancien à mesure qu’on s’approche du lac.

A Genval, notre échevine de l’urbanisme, Martine Biemans, nous attendait pour nous faire visiter le site des anciennes papeteries et les rénovations en cours. Les projets de réaffectation mêlent logement et commerces, mais il reste un problème aigu de décontamination du site, surtout de l’ancienne décharge au bord de la vallée, quasi recouverte de végétation forestière, mais où on peut voir des grandes quantités de fûts et autres conteneurs abandonnés. La SPAQuE a fait des analyses peu alarmantes mais quand on voit les volumes de terres polluées, on reste abasourdi par la négligence des entreprises de l’époque et par l’injustice que représente aujourd’hui ce coût à assumer par la collectivité.

Juste derrière la clôture du site des papeteries, commence une réserve naturelle et les beaux paysages de la vallée de la Lasne. Le contraste est saisissant. Ce fut une fin d’après-midi bien douce, dans les collines et vallons boisés qui séparent Genval d’Ohain. On sait que c’est dû au haut revenu des Lasnois, mais nous n’avons pas boudé notre plaisir de traverser cette commune via son réseau de sentiers très bien balisé.

Le soir, au Four à pain, nous avons pu poursuivre la discussion entamée le matin à Nethen sur la nécessaire reconversion de l’agriculture du BW vers des modes de production plus durables. Le groupe agriculture BW est lancé !
Merci à Daniel et Edith Dekkers pour le guidage et l’accueil nocturne des marcheurs.

Le troisième jour, après la visite de la réserve naturelle de la Marache, petit bijou très didactique géré par Natagora, nous avons parcouru le champ de bataille de Waterloo et évalué l’intérêt de l’extension de son classement. Nous avons même rencontré des cavaliers de l’armée impériale.

A partir de Braine-l’Alleud, de nouveau avec des amis de Groen! du Brabant flamand, sous une pluie fine, nous avons traversé bosquets et lotissements, entrevu des chevreuils, perdu et retrouvé notre chemin, tout en écoutant nos amis flamands nous raconter leurs difficultés à faire relativiser le problème communautaire dans leur commune. Vu leur opinion publique, il est assez admirable pour un élu Groen! d’oser dire que la langue qu’on parle dans la plaine de jeux n’est peut-être pas le problème n° 1 de la vie communale. Chapeau à ces collègues-là en tout cas !

Nous avons bien terminé ce périple, accueillis par la locale de Braine-le-Château, et, autour de bonnes bières locales, nous nous sommes promis de renouveler l’aventure pédestre brabançonne l’an prochain en reliant le Brabant wallon au Brabant flamand ; itinéraire à créer, pour renforcer les liens entre des locales proches qui se connaissent si peu et qui ont pourtant beaucoup en commun !

Thérèse Snoy

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Photo (cc) Inyar

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